L’HISTOIRE DE LA CASBAH


Au sud du Maroc, aux portes du désert, la Vallée du DRAA fut durant des années le point de départ et d arrivée des grandes caravanes trans-sahariennes.

Dans la ville d ‘AGDZ et plus précisement dans le village d’Asslim (paix), la CASBAH DES ARTS fut construite au 17ème siècle par le CAID TALB EL HASSAN. Cette demeure fortifée du seigneur, isolée et située sur une position dominante, exprimait l autorité du CAID (représentant du sultan ou du pacha).

Après la mort du dernier caid « CAID ALI » EN 1956, cette majestueuse forteresse de terre ocre, menacée par les intempéries, tombe en ruine au risque de disparaître a jamais du paysage marocain et de son histoire.

ABDELZACK AIT EL CAID (petit fils du CAID) et KAMAL EL KACIMI (réalisateur et producteur de film) ont pris la décision de restaurer ce patrimoine unique d une facon authentique dans le respect de l’architecture berbère en utilisant les matériaux locaux et les techniques ancestrales de construction des « maälmin ».

Ces nombreuses terrasses font la particularité de cette demeure offrant ainsi une vue imprenable sur l’imposant massif du Kissane, l’immensité de la palmeraie et de ses jardins aux couleurs contrastées.

LA CASBAH DES ARTS, vous propose 7 belles chambres avec salle de bain privée en tadelack et 1 suite avec salon alliant ainsi le charme du sud et la tranquillité.

Le ksar de Tamnougalt a été fondé il y a déjà plus de trois siècle par les Engadi, une famille de caïds et de personnalités du Makhzen. L’ancienne kasbah située à la lisière des champs sur la rive gauche de l’oued Drâa contenait, outre les résidences somptueuses des caïds, le sanctuaire d’un marabout et l’ancien mellah.
La kasbah Tamnougalt n’était pas le seul siège du gouvernement du caïd de l’époque. Pour pouvoir mieux s’occuper de ses affaires d’état, il fit bâtir plusieurs kasbahs, dont celle d’Asslim, il y a 250 ans, dans les environs d’Agdz. Le dernier caïd de la famille, Caïd Si Ali, vécut au début du XXe siècle, à l’époque où les Français voulait prendre le sud du Maroc sous leur tutelle. Le Glaoui fut nommé par le Makhzen représentant de tout le Sud. Pour agrandir sa puissance, celui-ci aida les Français, il essaya de persuader les caïds de l’aider. Il réussit chez les caïds élus par le peuple, mais les caïds nommés par le Sultan prirent parti pour celui-ci. Caïd Si Ali devint un très grand adversaire du Glaoui, mais les Français réussirent leur tutelle et le Sultan partit en exil.

 

Enfin, le 15 mai 1930, le général de division Huré, commandant la région de Marrakech, atterrit à Agdz des Mezguita, avec onze avions. Le général et sa suite, qui comprend douze officiers et un ingénieur du service des Ponts et Chaussées, sont reçus par le caïd Si Ali et par le caïd El Arabi, des Ouled Yahia.

Archives Daniel Rodier
Ahouach

– 1931. La famille du caïd Ali
vue par le lieutenant Georges Spillmann, chef du bureau des A.I. d’Agdz

Dans les années 40, le Glaoui réussit enfin à faire détrôner Caïd Ali de ses fonctions et un autre caïd prit sa place. Lorsque Mohammed V revint (en 1955) de son exil, tous les caïds qui lui avaient été fidèles et perdus leurs fonctions vinrent lui rendre hommage. Caïd Ali aussi, mais lui était trop âgé maintenant et un de ses nombreux fils devait hériter du titre. Malheureusement chacun d’eux voulait occuper ce poste important et il ne fut pas possible de s’entendre. Le caïdat fut perdu pour la famille. Dans la même année Caïd Ali mourut. Les dix kasbahs qui lui appartenaient furent partagées entre ses enfants. Ahmed, son fils préféré, reçut Asslim,la plus belle propriété.

Le ksar et la kasbah de Tamnougalt
Une kasbah des Mezguita

– Agdz
Source : Revue du Touring Club de France, janvier 1933, extrait d’un article de Jean Gattefossé sur un voyage effectué en mai 1932.
A midi, nous sommes au poste d’Agdz, perché à 1050 mètres, sur un piton étroit dominant de 150 mètres la merveilleuse palmeraie des Mezguita. Le panorama est splendide; à nos pieds, les dattiers touffus ne s’élèvent pas, comme au dadès, au-dessus de vertes cultures mais croissent directement sur une sol poussiéreux et blanchâtre; ils s’étendent à l’infini vers le Sud; la palmeraie étant indiscontinue sur 150 kilomètres, le long du fleuve.
Comme toile de fond, l’imposant massif du Kissane, étrangement découpé en pagode chinoise, et sur le sommet duquel existent de curieuses cuvettes d’origine inconnue, desquelles il tire son nom : kissane = les coupes, ou tasses.
Nous parcourons cette oasis et celle des Ighergher par une intense chaleur; d’immenses tamarix à takaout (1) ou des gommiers s’élèvent à côté de marabouts de terre ornementés de chiffons; de loin en loin, apparaît l’arbuste le plus typique de la flore saharienne : le calotropis, aux larges feuilles glauques, dont les fruits volumineux et les belles grappes de fleurs blanches et mauves attirent l’attention. Son latex caustique le fait prendre souvent pour une euphorbiacée et c’est sous ce nom erroné qu’on le voit cité dans les récits de voyageurs, notamment dans “La Croisière Noire”. Sous le couvert des dattiers, autour des villages, les arbres fruitiers reparaissent, surtout le figuier et l’abricotier, et les roses de Damas au délicieux parfum composent encore les haies.
Le long de l’oued, l’ombre des tamarix est propice au repos; une neige parfumée, de couleur rose, tombe fine et continue; ce sont les graines ailées des tamarix arrivées à maturité.
(1) Le tamarix articulé est producteur de la galle, nommée en Afrique du Nord “takaout”, et qui est le tannin qui permet la fabrication des cuirs filalis.

– La protection de séguias
Jusqu’à la présence française dans le Drâa en 1932, le pays vivait dans l’insécurité, toujours menacé par les agressions des nomades sahariens ou en proie aux luttes intestines; beaucoup de ces dernières étaient déclenchées par les rivalités pour s’emparer de l’eau, cette eau si vitale que sa possession primat tout autre intérêt.
Aussi, de génération en génération, les tribus se sont-elles battues pour la conquête et la défense des têtes de séguias d’irrigation. C’est pourquoi de nombreux fortins y étaient construits avec des hommes armés qui veillaient en permanence. L’un des plus importants de ces fortins était la Tighremt n’Taliouine qui gardait la tête de séguia des Mezguita, dans le haut district, près d’Agdz.
De plan carré, à quatre grosses tours, ces fortins de garde étaient construits en pisé sur des soubassements de galets; toute la base correspondant au rez-de-chaussée était remplie de terre et de pierraille, ce qui assurait sa résistance aux assauts des hommes comme à ceux des crues. L’ouverture d’entrée se trouvait reportée à trois mètres au-dessus du sol extérieur, nécessitant l’emploi d’une corde et rendant plus ardu la prise d’un tel bastion (appelé en arabe le-qsiba), entouré en outre d’une enceinte à quatre tours d’angle.
Dans toute la vallée du Drâa, les rives étaient jalonnées de ces fortins qui se tenaient partout où se trouvaient exposé un ouvrage d’irrigation dont dépendait la vie d’un district en aval. Les Roha, par exemple, n’avaient pas moins de quatre fortins successifs pour défendre leur canal que les gens du Tinzouline s’efforçaient toujours de détruire.
Outre ces fortins, de nombreuses tours de guet étaient disposées aux alentours des villages et dans les palmeraies, surveillant les canaux secondaires et les rigoles, protégeant également les travailleurs agricoles. Ces vigies, tours quadrangulaires d’unviron 4 mètres de côté à la base, étaient habituellement bâties en briques crues, recouvertes parfois d’un enduit; elles comprenaient : une base pleine, deux étages, et la terrasse que protégeait un mur de tir; trous d’hommes pour passer d’un étage à l’autre. Ces tours de guet (agouddim ou lborj en berbère) étaient autrefois occupées jour et nuit par des sentinelles (dix à vingt guetteurs) : le jour, pour empêcher les brigands montagnards de venir attaquer les puiseurs d’eau arrosant les jardins; la nuit, pour que les maraudeurs ne puissent voler l’orge sur pied ou d’autres récoltes;

Remerciements
Merci à Madame Balmigère, à Madame Decordier et à Pierre Katrakazos pour avoir accepté de mettre leurs archives familiales à disposition. Sauf indications contraires, les documents reproduits font partie des archives de l’auteur.